En général, j’ai l’impression que les réponses de cette question sont données un peu rapidement. Mais comment ferons-nous pour établir une date unique valable partout à travers l’univers lorsque nous auront l’immense plaisir de connaître des voyages spatiaux réguliers, avec notamment des autres planètes vivables où une partie de l’humanité écoulerait des jours heureux ?

photo faite à Prague par simpologist
Si on se base par rapport à ce qu’on fait maintenant sur notre planète. On a fixé une ligne du pôle nord au pôle sud passant par Greenwich que l’on considère comme référentiel, on a découpé la planète en plusieurs segments afin de respecter un minimum la position du Soleil par rapport à l’orientation de la Terre et ainsi d’avoir +/- 12h d’écart avec notre référentiel. Donc chacun son heure précise, mais si on veut préciser l’horaire d’un événement à travers le monde, c’est extrêmement simple. Néanmoins aujourd’hui, on a plus tendance à dire : “telle chose est arrivée à 9h du matin, heure de New York, donc à 15h, heure de Paris.”
Sur une autre planète, il conviendrait de faire un système similaire en s’adaptant à la vitesse de rotation de la planète sur elle-même et autour de son étoile, etc. ce qui peut déjà être très éloigné ce qu’on a sur Terre. Alors imaginons maintenant que la vie soit possible sur le satellite d’une planète, comme Europe par exemple, comment considérerions-nous le temps ? Puisque l’exposition à l’étoile serait irrégulière au fil des “jours” et la lumière projetée par les autres satellites et la planète serait considérable créant au final des cycles jour/nuit de longueurs extrêmement différents. Pas évident. Ce serait certainement du même acabit que lors de séjours prolongés dans l’espace. C’est-à-dire qu’on se baserait sur l’horaire de la planète avec laquelle on communique.
Mais serait-il envisageable d’organiser un référentiel temporel à travers l’univers. Sorte de Greenwich galactique ?
Nous avons vu que les heures employées dépendent directement de notre planète. Alors que dans l’espace, rien de tout cela. L’idée d’une matérialisation spatiale d’un référentiel temporel n’a pas, pour moi, de sens ou de crédibilité. Il n’y aurait donc pas de fuseaux horaires spatiaux mais un temps qui s’écoulerait à partir de tel moment sous une forme précise. Mais alors sous quelle forme ?
Aujourd’hui, en considérant nos habitudes de sommeil et d’alimentation, il serait plutôt logique de prendre un modèle temporel similaire à celui que nous avons sur Terre. Mais cela poserait des problèmes avec l’évolution génétique probable de ceux qui vivent depuis plusieurs générations sur d’autres planètes et la cohabitation avec des entités extra-terrestres adaptées à leur monde. Ces contraintes imposent de trouver une nouvelle façon d’établir notre vision du temps pour la rendre adaptée à tout le monde. Les regroupements que nous avons faits (1 minute = 60 secondes ; 1 heure = 60 minutes ; etc. ) n’auraient alors plus la même portée. Difficile d’imaginer que notre système décimal sera partagé par tous. Par contre il est plus probable que le principe de l’unité soit partagé. Mais à quelle unité s’intéresser : la seconde ?
A travers l’horloge atomique, il a été établi que “La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133″. (Source Wikipédia)
Mais rien ne nous assure que la seconde sera acceptée comme unité de base pour un référentiel temporel universel (RTU). Je pense qu’il serait plus judicieux de s’attacher à une nouvelle vision du temps prenant en compte un phénomène “simple” et perpétuellement vrai dans l’espace. Je laisse le soin aux spécialistes de définir le moment venu la parfaite conceptualisation d’un temps nouveau.
Au niveau des regroupements pour avoir une lecture simple du temps, et donc apporter une dimension cyclique avec incrémentation d’une autre donnée. La question est extrêmement délicate. En tant qu’humain, un multiple de 10 ferait parfaitement l’affaire, mais pour un extra-terrestre, imaginons qu’ils comptent avec une base 6 (avec leurs propres signes évidemment), c’est-à-dire : 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 10 ; 11 ; 12 ; 13 ; 14 ; 15 ; 20. On serait alors confronté à une divergence culturelle. Mais le progrès technique nous a montré que nous avions la capacité de sortir des carcans du décimal pour nous faciliter la tâche. Je pense notamment au monde informatique qui utilise le binaire et l’hexa avec grande facilité et qui est, pour les initiés, tout aussi recevable qu’une base décimale. La base binaire est le regroupement le moins intéressant mais dont on est sûr de partager la connaissance puisqu’il se base sur un état Oui/Non ou Tout/Rien. Néanmoins en continuant sur l’idée d’un progrès tout aussi conséquent chez nos amis provenant d’un autre monde, la connaissance de l’hexa ou plus généralement d’une base multiple de 2 est très vraisemblable. Maintenant pour déterminer laquelle utiliser et pour quel regroupement, c’est une autre histoire.
L’écriture pose le dernier problème à mon avis, mais comme toujours, la solution réside dans la simplicité. Symboliquement, le point ou le trait sont les plus simples figures réalisables et compréhensibles. Un assemblage, non pas à la façon du code morse, mais dans une combinaison simple des différents traits comme + ou _ ou L voire même V.
Pour finir, je fais peut-être fausse route, mais dans ce partage du temps je trouve qu’une forme épurée de l’horloge circulaire est la plus à même pour répondre à cette condition d’acceptation entre les peuples. Non ?